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« Est-ce que j'ai besoin d'un psychologue ou d'un coach ? »
C'est une question que l'on me pose régulièrement.
Et je comprends pourquoi. Dans mon travail de coach en santé et bien-être, nous ne parlons pas uniquement de sommeil, d'activité physique ou d'habitudes de vie.
Nous pouvons aussi parler de stress, de charge mentale, de fatigue, de récupération, de réactions du corps, de périodes de vie difficiles, de notre manière de prendre des décisions — ou de ce qui se passe lorsque nous savons très bien ce que nous voulons faire, mais n'arrivons pas à passer à l'action.
Alors, quelle est la différence entre un coach et un psychologue ?
Une de mes clientes m'a apporté une réponse particulièrement intéressante. Elle est accompagnée en parallèle par sa psychologue et par moi.
Voici comment elle décrit ces deux accompagnements :
« Ils sont très complémentaires mais ils ne répondent pas aux mêmes besoins. »
En France, le titre de psychologue est protégé et correspond à une formation universitaire réglementée. Le coaching relève d'un autre cadre professionnel et ne remplace ni un suivi psychologique ni une prise en charge médicale.
Je ne pose donc pas de diagnostic psychologique ou psychiatrique et je ne traite pas les troubles psychiques. Lorsqu'une situation dépasse mon champ de compétences, j'oriente vers le professionnel approprié.
Le coaching en santé et bien-être peut en revanche avoir du sens lorsque les questions portent davantage sur la manière de fonctionner aujourd'hui, de modifier certaines habitudes, de mieux récupérer, de passer de ce que l'on sait à ce que l'on fait réellement ou de trouver une façon d'avancer qui puisse tenir dans la vie réelle.
Et parfois, il n'est justement pas nécessaire de choisir entre un psychologue et un coach. Les deux accompagnements peuvent coexister lorsqu'ils répondent à des besoins différents et que chacun reste dans son champ de compétences.
Mais concrètement, à quoi cette différence ressemble-t-elle dans l'accompagnement ?
Je n'aime pas beaucoup la formule simpliste selon laquelle « le psychologue travaille sur le passé et le coach sur l'avenir ».
Le travail psychologique peut évidemment concerner le passé, le présent, les comportements et les changements à venir.
Dans le cas de ma cliente, c'est surtout le focus de nos accompagnements qui diffère.
Elle décrit ainsi son travail avec sa psychologue :
« Je travaille essentiellement sur la compréhension de mon histoire, de mes émotions et des événements que j'ai traversés. Les séances m'aident à mettre des mots sur ce que je ressens, à prendre du recul et à comprendre certains mécanismes. »
Dans mon accompagnement, je m'intéresse beaucoup à une autre question :
Comment cette personne fonctionne-t-elle aujourd'hui, dans sa vie réelle ?
Comment récupère-t-elle ? Que se passe-t-il avec son sommeil, son énergie, sa concentration, sa charge quotidienne ? Comment réagit-elle au stress prolongé ? Que se passe-t-il entre le travail, la famille, les responsabilités et ce qui compte pour elle ?
Et surtout : sur quoi peut-elle réellement agir ?
Mon travail de coach en santé et bien-être : observer les liens, puis expérimenter
Ma cliente m'a écrit une phrase qui m'a beaucoup touchée :
« Tu as une lecture très fine de ce qui se passe chez moi. Tu arrives à "mettre le doigt" sur des mécanismes que je n'avais pas identifiés. »
Il n'y a pourtant rien de magique là-dedans.
J'observe. Je pose des questions. Je regarde ce qui se répète et je fais des liens avec ce que nous avons observé plusieurs semaines ou plusieurs mois auparavant.
Que se passait-il avant cette période de fatigue ? Qu'est-ce qui a changé dans la charge de travail ? Dans le sommeil ? Dans la vie familiale ? Qu'a-t-elle déjà essayé ? Quel effet cela a-t-il eu ?
Petit à petit, nous construisons une compréhension plus fine de son propre fonctionnement.
Puis vient une partie essentielle de mon travail :
Qu'est-ce que nous pouvons tester ou modifier concrètement dans sa vie ?
Cela peut être une autre façon de terminer sa journée de travail, une modification du rythme, le retour progressif au mouvement, la protection d'un temps où la concentration est meilleure ou simplement une petite expérimentation comportementale.
À la séance suivante, nous regardons ce qui s'est réellement passé.
Qu'est-ce qui a fonctionné ? Qu'est-ce qui n'a pas tenu dans la vraie vie ? Qu'a-t-elle découvert sur elle-même ? Que faut-il ajuster ?
Les entrepreneurs connaissent bien cette situation : on peut avoir analysé le problème, construit un plan, lu beaucoup de choses sur le sujet — et pourtant rester au même endroit.
Lorsqu'on avance dans un environnement incertain, il n'est pas toujours possible de tout prévoir avant d'agir. Des approches comme l'effectuation ou le Lean Startup, bien que différentes, partagent une idée importante : dans l'incertitude, on ne peut pas tout apprendre avant d'agir.
Une partie de l'information dont nous avons besoin apparaît justement dans l'action — en partant de ce qui est déjà disponible, en testant une hypothèse ou une première action, en observant ce qui se passe, puis en ajustant.
Autrement dit, une partie de l'apprentissage se fait dans l'action.
Je retrouve cette logique dans mon travail de coach.
Une personne peut très bien savoir ce qu'elle devrait faire. Elle peut avoir lu, réfléchi, compris, parfois même construit un excellent plan. Et pourtant, entre « je sais » et « je le fais réellement dans ma vie », il peut rester un écart important.
Le rôle du coach n'est donc pas seulement d'aider à réfléchir ou à construire un plan. Il peut aussi créer un cadre dans lequel la personne passe de ce qu'elle sait à ce qu'elle expérimente réellement, puis apprend de cette expérience.
Nous formulons une hypothèse. Nous testons un changement suffisamment réaliste pour sa vie actuelle. Nous observons ce qui se passe. Puis nous ajustons.
Ce qui m'intéresse n'est donc pas seulement de savoir ce qui serait bon pour elle, mais ce qui peut réellement fonctionner et trouver sa place dans sa vie.
Une autre phrase de son témoignage résume particulièrement bien ce que je cherche dans mon travail :
« Tu me rends autonome en me permettant de comprendre mon propre fonctionnement. »
Pour moi, c'est l'un des objectifs d'un bon accompagnement.
Au fil du temps, la personne apprend à reconnaître plus tôt ses propres signaux :
Voilà comment je réagis quand la charge devient trop importante.
Voilà ce qui m'aide réellement à récupérer.
Voilà les conditions dans lesquelles je réfléchis et décide mieux.
Voilà ce qui me permet de garder de l'énergie pour ce qui compte pour moi.
Pas parce que « la coach l'a dit ».
Parce qu'elle apprend progressivement à mieux se connaître et à mieux observer son propre fonctionnement.
Alors, dans quelles situations le coaching en santé et bien-être peut-il avoir du sens ?
Par exemple, lorsque les questions ressemblent à celles-ci :
Comment adapter ma vie à ce que je peux réellement porter aujourd'hui ?
Comment mieux récupérer avec la vie que j'ai ?
Pourquoi est-ce que je sais ce qui est bon pour ma santé mais n'arrive pas à l'installer durablement ?
Pourquoi est-ce que je sais ce que je veux faire, mais n'arrive pas réellement à passer à l'action ?
Comment repérer plus tôt que je dépasse mes limites ?
Comment garder de l'énergie pour ce qui est important pour moi?
Et parfois, encore une fois, il n'est pas nécessaire de choisir.
Ma cliente le dit très bien :
« Là où la thérapie m'aide à comprendre et à accepter, ton accompagnement me permet d'expérimenter, d'observer les effets sur mon corps et de retrouver progressivement des ressources concrètes pour avancer. »
Ce n'est pas une définition universelle de la différence entre tous les psychologues et tous les coachs.
Mais c'est une description très juste de notre travail à nous.
Et peut-être aussi de ce que je recherche dans mon métier : permettre à une personne de mieux comprendre son propre fonctionnement, d'expérimenter ce qui lui convient réellement et, progressivement, de devenir plus autonome dans sa manière de prendre soin d'elle et d'avancer vers ce qui compte pour elle.

